Je vous ai parlé de la rentrée de Marie, mais je ne vous ai pas tout dit. Je vais donc vous raconter ce quotidien trépidant qui est le mien désormais!
Au petit matin, après une nuit agitée et surtout bruyante, pendant que les petiotes dorment à poings fermés, nous nous levons et nous commençons notre marathon. Michel part très tôt car il doit être à Labège à 8h. Je me retrouve donc avec les trois filles -et l’aide précieuse mais éphémère de Giovanna-. Une fois que tout ce petit monde est prêt (mon dieu, si peu de mots pour évoquer les tétées, le chocolat au lait, les tartines de beurre, les collants, les couches à changer, les pantalons à enfiler et les cheveux à démêler, le goûter à préparer, tous les sacs à entasser dans la poussette) une fois que ce petit monde est prêt, nous partons donc pour de nouvelles aventures!
Nous traversons l’avenue et nous suivons le trottoir jusqu’à la pharmacie, guettant les feuilles mortes qui craquent sous nos pas. Parfois, Marie et moi nous chantons une chanson que nous inventons au gré de la promenade. Je porte l’un des bébés sur mon dos, l’autre me fait des grimaces dans la poussette.
Dans la vitrine de la pharmacie, trois petits chats, un gris un roux et un blanc nous attendent chaque matin…nous attendaient, devrais-je dire, car depuis que j’ai commencé à écrire cet article, Marie est allé réclamer le chat blanc à la pharmacienne (il trône désormais sur son lit) et les deux autres se sont réfugiés dans un endroit mystérieux. Désormais, c’est un petit hérisson que nous saluons en passant!
Nous longeons la caisse d’épargne et Marie s’exstasie toujours devant l’affiche représentant une girafe et un écureuil partant en vadrouille ensemble dans une petite voiture. Nous en profitons aussi pour ramasser quelques marrons, lisses et brillants, précieux cadeaux de l’automne aux enfants.
Nous continuons jusqu’au bureau de tabac, sans oublier de saluer Elvire, toujours au poste, dans son magasin. Juste avant le bureau de tabac, dans le grand jardin un peu fouillis d’une maison, nous apercevons parfois un petit chat roux (un vrai, cette fois) qui rentre au bercail dans le froid matinal.
Dans la vitrine du bureau de tabac, il y a aussi des petits chats et… un pistolet à eau qui fait rêver Marie!
Nous traversons et nous nous dirigeons vers la crèche, saluant le chien dont le museau pointe par une ouverture ménagée exprès pour lui, et cherchant avec ravissement les escargots les jours de pluie.
A la crèche, Ana-Luna se blottit dans les bras de Laure ou de Magali pendant que Morgane s’empresse d’aller vivre de nouvelles aventures avec ses copains. Depuis quelques jours, elle fait “au revoir” en ouvrant et en fermant maladroitement sa petite main. J’en ai les larmes aux yeux! C’est une tête brûlée qui se met debout sur les chaises et grimpe sur le toboggan quand elle ne pratique pas le vol à l’arrachée de boudoir ou de quignon de pain!
Ana-Luna passe son temps sous la table, comme un petit chat, ou dans les bras, en quête de câlins.
Lorsque nous sortons de la crèche, il nous reste dix minutes pour arriver à l’école. Nous sommes un peu retardés par la traversée du lac aux crocodiles et par un chêne qui a la bonne idée de semer ses glands sur le trottoir, mais nous arrivons à peu près à l’heure. Marie accroche son manteau et son catable à son porte-manteau et s’engouffre dans la classe en me faisant un “au revoir” joyeux. Sa maîtresse s’appelle Cathy, elle a un petit côté Calamity Jane que j’aime bien et puis surtout je vois qu’elle fait grandir ma fille et je suis émerveillée par son travail.
Voilà notre petit chemin de l’école, notre rituel du matin, si précieux à mes yeux.
Je dois cependant avouer que jusqu’ici une bonne fée veillait sur moi et m’aidait efficacement à préparer toutes mes filles et à partir à l’heure…. Désormais cette bonne fée est partie aider d’autres mamans et me voici toute seule pour relever le grand défi du matin! Je ne suis pas tout à fait sûre d’être à la hauteur…